Nous serons heureux de vous accueillir
à l´occasion de l´inauguration de cette exposition
jeudi, 8.mai 2008
à partir de 18 heures
GALERIE HENSELER
ETHNOGRAPHICA
AFRIKA
AMERIKA
OZEANIEN
GALERIESTR 2A - 80539 MÜNCHEN
T.: (089) 29162902 - F.: (089) 29162903
e-mail:info@galerie-henseler.de
Objets d’art et usuels
Quelques sculptures de la Culture Dan
Les masques faciaux constituent la partie la plus importante de la culture matérielle Dan et, donc, l’essentiel de cette exposition. Sont également présentés quatre des très rares sculptures portraits, de grandes cuillères rituelles, un tabouret de circoncision, différents bâtons de danse, l’une des rares marionnettes existant, des textiles, des jattes en bois et en terre cuite, des paniers, de petits objets en laiton jaune et des masques miniatures – petites versions des masques faciaux, en général de 8 cm environ ou 12 cm environ de hauteur.
Les masques, les grands comme les petits, sont le domicile des esprits tutélaires des Dan ; ces esprits habitent à côté du Dieu créateur Sra qui garde cependant ses distances avec les mortels et peuplent le monde surnaturel où se trouve également une « substance » ou force spirituelle à laquelle les mortels participent par l’intermédiaire de leur âme. Ces esprits tutélaires qui apparaissent en rêve aux Dan et qui, selon eux, vivent dans la
forêt ou dans la montagne, souhaitent -ainsi pensent les Dan- aider les mortels et les instruire. En contrepartie, les Dan leur font des offrandes, les honorent et leur demandent conseil. Ces esprits peuvent se manifester dans les masques, mais aussi dans un arbre, une pierre, une corne d’antilope, une coquille d’escargot ou un paquet de médicaments.
La littérature distingue 10 à 11 types de masques ; plus de la moitié sont des masques de divertissement, qui dansent, chantent, amusent et répandent une qualité de vivre positive, mais qui remplissent aussi des fonctions sérieuses, comme par exemple d’approvisionner en nourriture du village le camp d’initiation dans la brousse (masque « Deangle »par ex.). Autres types de masques traditionnels ayant une fonction spécifique : le masque de contrôle du feu « Zakpai », le masque de course
« Gunyéya », le masque de guerre « Buglé » et un masque initiant la paix « Gléwa ». Le rattachement à l’un de ces types spécifiques est aujourd’hui rétroactif- sans informations transmises sur le thème- et donc problématique, car selon les Dan, il peut arriver que différents esprits tutélaires se manifestent l’un après l’autre dans le même masque – c’est la raison pour laquelle les masques de l’exposition comportent des points d’interrogation. Les masques masculins – plutôt anguleux (5 angles) avec des yeux en fente et une barbe – se distinguent relativement facilement des masques féminins – visage ovale, traits fins et yeux étroits.
Les pièces ici exposées parfois relativement fragmentées, mais montrant souvent une magnifique patine, ont en partie un âge respectable, jusqu’à 200 ou 300 ans.
Tous ces objets exposés dans notre sobre galerie européenne doivent être imaginés dans leur contexte rituel. Même en Afrique, ces cultes traditionnels ne vivent aujourd’hui plus que dans le souvenir : par exemple, des diverses et spectaculaires performances d’un danseur masqué Dan perché sur des échasses (« Glegblen ») pouvant mesurer jusqu’à deux mètres de long, cachées sous des tuyaux en tissu qui, au plus fort de son numéro, avance courageusement et avec une rare élégance en équilibre par un tonneau étroit dont le fond a été enlevé.
Le charme et la force immatérielle de cette culture profondément influencée par ses esprits ont cependant été conservés dans leurs objets, mais leur influence est difficile à décrire et il est préférable de les expérimenter personnellement.
Druckversion H. Arno Henseler